A La Périphérie, espace d'exposition dédié à la jeune création

Martine Camillieri, plasticienne
détournement du quotidien / poétique de l'ordinaire / design éphémère

CV court

Martine Camillieri, (ENSAD / Villa Arson)
auteur et plasticienne, écrit des livres, des modes d'emploi, pour inciter les gens à pratiquer dans leur quotidien une écologie ludique. Parallèlement elle réalise un travail artistique décalé, sous forme d'installations, série des Autels, pointant les phénomènes de notre société. Elle explore le comestible avec des chefs, élabore des façons inédites de prendre sa nourriture et participe à la recherche du bien manger avec la galerie fraich'attitude. Tout son travail (détournement et ré-enchantement du quotidien) milite pour limiter le nombre d'objets sur terre.

Martine Camillieri co-dirige avec Bernd Richter, La Périphérie à Malakoff (lieu d'exposition ayant pour mission de révéler les jeunes talents). Elle est représentée à Tokyo par la Galerie Doux dimanche, par la fraich'attitude, à Paris, et certaines pièces de ses éditions limitées sont montrées chez Arty Dandy à galerie Magda Danysz.
Martine Camillieri quitte en 2000 le monde de la publicité pour entamer une "deuxième vie", dans laquelle la consommation prend moins d'importance, elle réfléchit sur l'écologie, le recyclage, la biodiversité. Elle vit et travaille à Malakoff.

2000-2008. Martine Camillieri (ENSAD/Villa Arson), auteur et plasticienne, écrit des livres, des modes d'emploi, pour inciter les gens à pratiquer dans leur quotidien une écologie ludique. Elle explore aussi le comestible, imagine des façons inédites de prendre sa nourriture, élabore des buffets totalement biodégradables, participe à la recherche du bien manger, avec la galerie fraich'attitude.

Parallèlement elle réalise un travail artistique décalé, sous forme d'installations éphémères, série des Autels (temples mirages, édifiés avec des objets du quotidien), pointant les phénomènes de notre société. Ou exécutant des réparations à valeur ajoutée sur des objets sans avenir.

Elle crédibilise ses détournements d'objet par des mirages photographiques : Temples, Plastic Eiffel, Camions Bidons...

Elle poursuit son travail de médiation autour du biodégradable et des matières légères, sous forme de performances, installations, buffets et ateliers.

Entame une collaboration avec les Éditions de l'Épure et Sonia Ezgulian.

Martine Camillieri est représentée, à Tokyo par la Galerie Doux dimanche, par la fraich'attitude, à Paris, et certaines pièces de ses éditions limitées sont montrées chez Arty Dandy à galerie Magda Danysz.

Elle vit et travaille à Malakoff (92).

Démarche

2000. Martine Camillieri quitte le monde de la publicité pour entamer une deuxième vie, dans laquelle la consommation prend moins d'importance, elle réfléchit sur l'écologie, le recyclage, la biodiversité. Ma minuscule mission écologique est de militer pour limiter l'objet sur terre. L'objet n'existe pas vraiment, il n'est qu'une brique de lego, interchangeable à l'infini, qui n'a de réalité intéressante que lorsque nous lui donnons une fonction affective, pratique ou esthétique dans une dimension éphémère qui nous est personnelle.

Matières rencontrées

Je travaille le plastique, une matière extrêmement facile à trouver, puisque pratiquement (malheureusement) indestructible. Mais je l'aime tel qu'il est apparu dans nos vies, dans les années 6o, vert jaune rouge rose, des couleurs pimpantes qui ont bousculé les intérieurs bourgeois de l'époque. Et non pas beige, paille, sable, océan... couleurs embourgeoisées de l'esthétiquement correct, comme on nous le propose maintenant.

J'aime le bois simple, juste raboté, les planches, les caisses, les socles, le contreplaqué ou le bois de chantier, parce que tout est encore à faire. Le bois trop abîmé, qu'on irait brûler, celui qu'on peut imaginer sauver comme les lampes échelle. À l'origine, ce sont de petites échelles de campagnes en bois léger, en châtaignier (pour pouvoir les transporter dans les champs, de meules en meules), les trous des barreaux vermoulus sont tout naturellement devenus les logements des douilles. Cette lampe existe en version appuyée contre un mur, l'idée de garder une trace de sa fonction m'a plu.

Pour mes installations, j'utilise des objets qui ont cessé de plaire, objets reniés ou sans avenir (il y en a tant, essayons d'arrêter leur production). je regarde tous ces moules à gâteaux qui ont participé à tant de petits bonheurs, d'anniversaires, de goûters d'école..., détrônés par ceux en silicone, ils finissent de rouiller dans les vide-greniers, je me demande parfois ce qu'ils vont devenir, si je n'en fais pas des temples.

J'utilise également des objets que personne ne regarde vraiment, les bouteilles sans étiquettes, les contenants alimentaires, barquettes de traiteur ou bol à salade en plastique transparent. Il est plus naturel de vérifier la fraîcheur de l'aliment acheté, que de se pencher sur l'esthétique d'un bol à salade. Pourtant, tous différents, empilés, ils deviennent piliers de temples... associés à des bouteilles, ils font un palais.

J'aime aussi le végétal pour toutes les variations que ce genre nous offre, et son appartenance à celui de l'énergie renouvelable. Travailler avec des éléments des fruits, des légumes, leurs tiges, feuilles, cosses, ou peau. Voir ce qu'on peut imaginer à partir de ce qu'on jette en général. Voire les cuisiner.

Ce que je pense (un peu), c'est que l'objet n'existe pas vraiment, il est une brique de lego, assez interchangeable à l'infini. Il n'a de réalité intéressante que lorsque nous lui donnons une fonction, affective, pratique ou esthétique... dans une dimension qui nous est personnelle. Alors arrêtons d'en fabriquer trop, avant qu'ils ne nous submergent. Après les usines qui les fabriquent, les magasins qui les vendent, les solderies qui essaient de les revendre, puis à la sortie des villes des grandes halles où l'on peut les trouver encore moins chers, il y a maintenant des villes entières qui leurs sont dédiées, on y va en TGV !

L'atelier de Martine Camillieri
Tout l'été 2005 j'ai empilé 3 choses jusqu'à ce que ça ressemble à la tour Eiffel. Plafonnier, moule, douille à crème. Moule, cube bois, pièce en verre. Récipient, cendrier, embout pâtissier...

Mon travail artistique est une suite de petites expérimentations destinées à sur-enjoliver l'ordinaire. C'est aussi une démarche écologique puisque l'idée est de proposer une deuxième vie, ou de multiplier les fonctions des objets de grande consommation par le biais du détournement, ceci à fin de limiter leur nombre sur terre. Mon intervention est infime, elle est de simplement regarder, détourner, assembler, empiler ou retourner des objets qui nous sont proches, avec humour ou tendresse pour en obtenir d'autres qui ré-enchanteront un moment, de notre quotidien.

(Le fait que tout soit installé sans être assemblé, réalisé sans outil, sans modification et sans détérioration fait que ce nouveau statut des objets est un état éphémère qui leur permet à tout moment de revenir à leur fonction initiale ou de repartir plus loin encore, une sorte de nomadisme des utilités.)

Martine Camillieri

Martine Camillieri co-dirige avec Bernd Richter, La Périphérie, un espace d'exposition qui a pour mission de révéler les jeunes talents dans le domaine de l'art contemporain et du design. Parallèlement elle réalise un travail artistique décalé destiné à "sur-enjoliver" le quotidien.

Chistophe Spotti, directeur de la galerie Fraich'attitude (galerie du comestible)
"Avec humour et poésie, l'artiste fait preuve d'ingéniosité pour réinventer formes et matières : accessoires pour la maison, objets détournés mais toujours inspirés par l'univers gastronomique! Un nouveau design à découvrir. Chaque fois qu'elle expose, Martine Camillieri sait créer l'événement. Son humour attire, son inventivité surprend. Elle n'existe pas, elle s'impose. Ses créations sortent du lot, tant par l'exécution que pour la qualité de fabrication. Et cette singularité est une force! L'éventail de sa production est largement ouvert, la liberté et la drôlerie donnent une cohérence à l'ensemble. Autant de thèmes et d'univers qui lui permettent de porter un regard sur la vie et sur l'utilisation des objets. Ses créations marient caractère fonctionnel et ironie en valorisant des matériaux qui sont considérés de rejet, voire de remplacement, en réussissant, ainsi, à les réinventer. Un univers pop, coloré, gourmand, astucieux et ludique, étonnant de réalisme. Martine Camillieri cultive l'art de la drôlerie, comme une politesse qui tenterait de faire oublier la démarche réfléchie qui guide son travail."

Ses installations éphémères, détournement et recyclages sont représentés à Tokyo par la Galerie Doux dimanche. Son travail autour de la nourriture est représenté par la galerie Fraich'attitude, à Paris. Les pièces de ses éditions limitées sont montrées à la galerie Maad, à Paris.

Réflexions artistiques

Les autels et les temples (Installations)
Ces installations, souvent sous forme d'autels, sont des questionnements sur des phénomènes de société. Les objets qui les composent sont des objets basiques de grande consommation, l'intervention est de les regarder, détourner, assembler, empiler ou retourner afin d'en obtenir d'autres. Tout étant installé sans outil, modification ou détérioration fait que ce nouveau statut des objets est un état éphémère (qui leur permet à tout moment de revenir à leur fonction initiale ou de repartir plus loin encore, une sorte de nomadisme des utilités). Après l'exposition, les objets retournent à leur place.

Re-play

Donner une deuxième vie à de objets qui n'en n'ont plus.

Comestible

Toujours dans l'optique de ré-enchanter le quotidien, Martine Camillieri cherche des façons inédites de prendre sa nourriture, elle conçoit des buffets décalés, simples et poétiques, réalise aussi des performances, ViolonJambon, ou des buffets sur mesure en travaillant avec des chefs. Donne des cours de cuisine aux enfants. Et poursuit des recherches (petits actes poétiques et individuels) de contenants et ustensiles alimentaires écologiques et biodégradables.

Édition

Elle est l'auteur de Tables Éphémères, petit livre de déco-décalée destiné à ré-enchanter l'habitude la plus quotidienne qui est celle de se nourrir. Jouets détournés, manuel de bricolage régressif pour recycler les souvenirs d'enfance en objets utiles. À l'heure du goûter et Petite cuisine au fond du jardin, véritables tout premiers petits livres de cuisine les enfants. Détourner les emballages, petit manuel d'écologie ludique.
Collections fou de food et joli home, aux éditions Tana.
En 2007, elle crée avec Angélique Villeneuve, toujours pour les éditions Tana, une petite collection de livres de cuisine, dont elles sont auteurs parfois. Foood avec 3 o, où l'on voit que la cuisine, c'est + que des chefs, + que des recettes, ++++... c'est des idées simples, des vies de tous les jours, des histoires à raconter, des inventions farfelues, des petits bonheurs...
En 2008, elle entame une collaboration avec sabine Bucquet et les Éditions de l'Épure, un premier livre "Du bon usage des ustensiles, interprétations libres de Martine Camillieri et Sonia Ezgulian", est concocté avec Sonia et photographié par Emmanuel Auger.